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02.03.2010

Ce Javert qui sommeille en nous...

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Je connais M. Ali Soumaré. Tous deux habitants du Val d'Oise, nous nous sommes rencontrés il y a quelques années. Le feu médiatique s'éteint peu à peu, pourtant, je souhaite revenir sur cette tourmente au coeur de laquelle il s'est retrouvé.

Il ne s'agit pas de prendre partie mais force est de constater que si l'abstention sort grand vainqueur le 21 mars prochain, ceux qui ont cru bon de fouiller dans les poubelles pour décrédibiliser un adversaire politique, y auront à nouveau contribué. Cette aventure misérable, digne des Pieds Nickelés, et qui inspire au fond une certaine commisération pour leurs auteurs, en dit par ailleurs long sur le crédit qu'on peut leur apporter.

Je suis somme toute par ailleurs très déçu que Mme Pécresse ait pu tolérer si ce n'est autoriser ses colistiers à colporter de telles accusations. Conduire une liste, en principe, responsabilise. Certes la candidate de la Majorité Présidentielle a "condamné" l'initiative de M. Delattre (Maire UMP de Franconville auquel nous devions déjà la fameuse sortie sur Ali Soumaré et son "air de joueur de réserve du PSG") et regretté "cette démarche qui ne correspond ni à sa conception de la politique ni à ses valeurs"... Mais sans être à l’origine de ces dénonciations, Mme Pécresse avait été informée par Axel Poniatowski, tête de liste (UMP) dans le Val-d’Oise de son intention de publier un communiqué de presse après les "révélations édifiantes", selon lui, de M. Delattre. "Elle m’a donné son accord" confiait M. Poniatowski.

Nous avions donc dépassé le stade du "Qui ne dit mot consent" pour prendre le chemin du téléguidage voire du pilotage... La diffamation ou la rumeur étant des armes politiques indignes et inadmissibles, il eût donc été responsable que Mme Valérie Pécresse présente a minima des excuses publiques.

Là, rien de tout cela. Nous avons même eu droit à cette formule de M. Poniatowski (recueillie par un journaliste quotidien Le Monde - édition du 24 février 2010) : "Il est certain que son passé judiciaire n'est pas aussi lourd que ce que l'on pouvait penser. Il n'en reste pas moins que M. Soumaré est un personnage obscur". Une formulation pour le moins maladroite et le coup de pied de l'âne s'il en est ! J'invite du reste M. Poniatovski a jeter un oeil à ce merveilleux site qui devrait l'éclairer sur le côté obscur de la force...

Mais prenons un peu de hauteur...

Je ne reviendrai pas sur la nécessité d'un combat politique fondé sur les propositions plus que sur les profils ou pedigrees. Beaucoup de choses ont été dîtes sur le sujet et je regrette que cette campagne ne laisse pas plus la place au débat d'idées. Les enjeux sont pourtant là ! Patron d'une PME qui cherche à creuser son sillon dans l'univers des géants du sport, je sais que la région a un rôle important à jouer en matière de développement économique. Il est donc très dommageable qu'aucun débat n'ait pu mettre en évidence le bilan de l'un en la matière, les propositions de l'autre, et que cet ensemble n'ait pu être passé plus efficacement au crible de l'analyse citoyenne.

Il est vrai que les débats sont rares, font l'objet d'âpres négociations et se résument souvent à des échanges creux avec un public échantillon représentatif de la population française. Des confrontations indirectes dont il ne sort que peu de choses face à des journalistes réduits au rôle d'animateur tandis que les (web/télé-)spectateurs, soumis au buzz du jour, sont livrés à eux-même pour savoir qui dit vrai...

Je ne reviendrai pas non plus sur le "cas" Soumaré. A ma connaissance, ce jeune homme a payé sa dette à la société ou doit bénéficier comme n'importe qui de la présomption d'innocence. Et quand bien même aurait-il commis quelques erreurs de jeunesse - je suis peut-être bien placé pour le savoir - nous avons tous droit à une seconde chance ...Et il semble que cette attaque dont il a fait l'objet en a été une puisque M. Soumaré a fait un bon de 69 places au TOP 100 des politiques sur Facebook ! Une progression record qui pourrait laisser croire que nos concitoyens souhaitent avant tout des élus qui leur ressemblent ?! A bon entendeur...

Je reviendrai en revanche sur ce travers Français, maintes fois dénoncé, qui veut que dans notre beau pays de Cocagne et de cocardes, on enferme les gens dans des cases. Ainsi, réussir un diplôme de grande école reste dans notre pays la meilleure assurance d'un parcours sans faille, quel que soit son bilan ou ses erreurs... L'esprit de corps et ses anti-corps sont là pour vous protéger. Ad vitam. A contrario, un faux-pas, une (ne serait-ce qu'une) erreur de jeunesse, un échec dans ses études et c'est la fin du parcours... Alors nous cherchons comment relancer l'ascenseur social ? Et si l'on commençait par cesser d'avoir cette vision déterministe et fataliste du parcours de chacun ?

Aux USA, un pays où l'ascenseur social fonctionne à plein régime, j'ai toujours été frappé par le grand respect de toutes et tous pour les plus humbles... Et pour cause : tout le monde sait que dans 3 ans cette jeune caissière peut devenir directrice du magasin, 3 ans plus tard superviseur de plusieurs grandes surfaces et 10 ans plus tard directrice du marketing opérationnel... Caricature ? Je ne crois pas. Ces parcours ne sont pas rares. Et l'échec aussi est valorisé - si l'on sait en tirer les leçons. Ainsi, les parcours rectilignes peuvent être perçues comme "imparfaits" dans la mesure où ils vous préparent moins aux aléas de la vie en général. De ce fait, on respecte les gens qui travaillent, qui sont "durs à la peine" et leurs enfants peuvent être fiers de ce que leurs parents accomplissent... Ils vont avancer, progresser, s'en sortir.

En France, les incantations sur l'égalité des chances semblent hélas un horizon indépassable et finissent par desservir celles et ceux qu'elles devraient protéger. Nous en restons là, dans une société dramatiquement figée, ascenseur social en panne faute d'ouverture d'esprit et de méritocratie assumée. Le résultat : M. Soumaré, un "personnage obscur". Délinquant un jour, délinquant toujours ? Non.

Vous me direz ce n'est pas nouveau. Victor Hugo nous enseignait déjà dans Les Misérables qu'un ancien forçat avait beau changer et démontrer qu'il pouvait oeuvrer pour le bien de tous (...et même devenir Maire de Montreuil-sur-Mer !), il y aurait toujours un Javert de service pour le poursuivre et lui rappeler sa faute, sa dette, son passé. Ce Javert qui sommeille en nombre d'entre nous est toujours là, vil, tenace, petit, étroit, actif, pour nous mettre la tête sous l'eau sans raison, juste parce que lui n'a jamais fauté. Pour faire avancer notre pays, nous devrons libérer nos conscience de ce joug. Gageons que Messieurs Delattre ou Poniatowski y parviendront eux aussi.

15.02.2010

L'affaire Dumas !

1304030454.jpgPeu de nos compatriotes savent qu’Alexandre Dumas, l’un des plus grands auteurs français, était métis et considéré comme Noir à son époque. Petit-fils d'une esclave noire de Saint-Domingue, fils d'un général métis, le grand romancier populaire Alexandre Dumas se fit traiter de nègre par des journalistes qui ne partageaient pas ses idéaux républicains et fustigèrent son visage "bronzé" et sa tignasse crépue.

Lui même se décrivait lui-même comme, "nègre" mais tout cela n’apparaît pas dans le film "l’Autre Dumas" de Safy Nebbou. Dumas est interprété, dans ce film, par Gérard Depardieu dont le moins que l’on puisse dire, est que malgré sa perruque et son bronzage il ne laisse que deviner la vraie couleur de peau d’Alexandre Dumas.

Il fût un temps où les peaux-rouges des westerns hollywoodiens étaient incarnés par des acteurs blancs maquillés. C'était dans les années 40 ou 50... Et puis, le mouvement des civil rights, Martin Luther King ...ou dans un registre artistique Sidney Poitier et plus récemment encore Spike Lee sont passés par là. Plus personne n'imaginerait un "Danse avec les loups" où les indiens seraient incarnés aux côtés de Kevin Costner par des acteurs blancs grimés. Nous sommes en 2010 et il semble pourtant qu'en France, on n'en soit encore là, qu'un réalisateur puisse imaginer un grand acteur blanc incarner un personnage historique métis.

arton13017.jpgNous pouvons nous interroger sur la réaction qui serait la nôtre si nous découvrions Napoléon joué par Pascal Légitimus ou Jeanne d'arc interprétée par Sonia Rolland ! Que dirait-on si je décidais de poser pour incarner Vercingétorix ou l'un de nos glorieux ancêtres Gaulois ? Dans une époque où l'on nous parle d'identité nationale, ne pourrions nous pas profiter des quelques exemples de métissage plutôt que les atténuer. Il serait bon que la jeunesse de notre pays ait accès à une image de l'histoire ou de la culture française conforme à la réalité - c'est-à-dire où la France de la diversité puisse prétendre à autre chose qu'à des rôles de footballeur ou rappeur...

Franck Le Wita, producteur du film, défend son casting. "C'est une représentation, pas un documentaire. On est dans l'imaginaire, explique-t-il. La truculence de Depardieu incarne parfaitement Dumas. Il y avait une filiation entre l'acteur et l'écrivain : Gérard a joué les grands rôles des oeuvres de Dumas." Franck Le Wita saisit difficilement le sens des agitations autour  de son film. "Le sujet, ce n'est pas le nègre, mais la négritude en littérature", explique-t-il. Et si le sujet, c'était aussi cet "autre Dumas" - que ce titre est bien choisi en vérité - dont le métissage est exemplaire de cette identité nationale qu'il est temps d'accepter, promouvoir et afficher.

 

12.02.2010

Franck Leboeuf, un intrus ?

Après le sacre durant la coupe du monde de football de 1998, Franck Leboeuf relève un nouveau défi. Le théâtre. Après avoir suivi des cours de comédie au Lee Strasberg Theatre & Film Institute de Los Angeles, il partage aujourd'hui l'affiche avec Jean-François Garreaud dans la pièce l'Intrus.

 

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Dans cette pièce de théâtre, Franck leboeuf incarne Luc Gerbier, un voyou qui décide de s'attaquer à une banque. Mais l'opération tourne mal. Et ce qui devait être son dernier coup devient un drame lorsqu'il tire sur un officier de police. Luc échappe à la police et trouve refuge dans une maison isolée où s'est installé le romancier à succès Henri de Fressac, auteur déprimé depuis le départ de sa femme de 20 ans sa cadette pour un autre. Henri de Fressac, incarné par Jean-François Garreaud, devient alors l'otage de Luc...

A 42 ans, l'ex star du football a troqué son maillot pour un costume de scène qu'il endosse parfaitement. Cette pièce est un véritable moment de détente où les acteurs nous offrent un peu de chaleur en ces temps d'ère glacière.

La France n'est pas des plus ouvertes en terme de changement de voie professionnelle contrairement à nos amis d'outre-atlantique. Là-bas, un acteur de série B devient Président des Etats-Unis (Ronald Reagan), Sonny Bono - le compagnon de Cher - devient Sénateur, et bien sûr, plus récemment Arnold Schwarzeneger, gouverneur de Californie... Sans doute ce respect du travail qui permet tous les succès, toutes les réussites. Franck Leboeuf nous montre la voie. Un intrus dans le monde du spectacle ? Pas un seul instant ! Bravo Franck!

19.01.2010

Aider Haïti

7 jours ont passé depuis le tremblement de terre à Haïti. Les secours s'organisent mais l'immensité de la catastrophe (on parle toujours de 75000 morts et 250000 blessés) nécessite toujours, peut-être plus que jamais, notre aide. Je vous propose un lien vers la Fondation de Wyclef Jean *, avec lequel j'ai lancé Refugees by Dia. Il suffit de cliquer...

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Et pour celles et ceux qui souhaitent passer par une aide internationale française, je vous recommande également la Fondation de France qui a monté une opération dédiée.

* Je vous proposerai pendant quelques semaines un lien permanent ci-contre en colonne de droite vers cette fondation.

 

24.12.2009

Mon événement de l'année 2009...

En cette fin d'année, journalistes et chroniqueurs reviennent sur les faits marquants du cru 2009... Que pourrions-nous en retenir ? La crise bien sûr, avec son lot de difficultés, chômage, faillites... Mais en tant qu'entrepreneur, je la percevrais également comme une source d'opportunités et d'ouverture à l'innovation.

Nous aurions également le récent échec de Copenhague. Quelle cruelle déception ! Pas d'engagement chiffré des Etats du monde entier sur une baisse de leurs émissions de CO2... Mais à nouveau, considérons que les rendez-vous de Bonn en juin 2010 et Mexico en décembre 2010 seront une nouvelle chance offerte à l'humanité de se sauver en faisant preuve d'altruisme (on parle souvent de sauver la planète, mais la planète, elle s'en sortira très bien - c'est d'avenir de l'humanité dont nous parlons).

Dans ce TOP des événements que je retiendrai pour 2009, il y a aussi mon nouveau projet, DIA-7... Mais il est encore trop tôt et très certainement, en 2010, ce sera l'événement de l'année :-)

Allez, trêve de plaisanterie, non, si je devais retenir un événement en 2009, je conserverai l'accession au pouvoir de Barack Obama le 20 janvier 2009. Peut-être plus pour le discours de Philadelphie ("A more perfect Union"), pour le symbole d'entrée des USA dans une nouvelle ère - c'est ce que je leur souhaite, c'est ce que je nous souhaite à l'heure où nous parlons d'identité nationale... Mais également pour le caractère complexe de la politique. Car bien sûr, les Etats-Unis restent les Etats-Unis et, non, Barack Obama ne va pas sauver le monde... Deux extraits qui me marquent et vous propose de (re-)découvrir.

21.12.2009

Identité nationale : poursuivons le débat (dans les urnes)

Je l'ai déjà exprimé : à malin, malin et demi, le débat sur l'identité nationale est une opportunité unique de faire bouger les lignes et faire évoluer les mentalités sur un sujet important. En cela, je rejoins le Président de la République (cf. sa tribune publiée dans Le Monde - 08/12/2009) : "Rien ne serait pire que le déni. Rien ne serait pire que de ne pas regarder en face la réalité des sentiments, des préoccupations, des aspirations de tant d'Européens.Au fond de moi, Français de toujours, j'ai la conviction que de cet exercice, abcès crevé en place publique, ne peut ressortir que du bien.

Certes, en France, on a peur d'aborder publiquement les questions qui fâchent ou plus précisément dont le microcosme pense qu'elles ne doivent pas faire débat "parce que cela peut déborder", que "le peuple n'est pas mûr" ou que "c'est une question indigne". Ce qui est typiquement le cas avec cette question de l'identité nationale. Trop longtemps pollué (racisme, xenophobie, populisme mais également anti-racisme, bonne conscience d'aujourd'hui ou mauvaise conscience d'un passé qu'on ne doit pas oublier...), ce débat a été souvent reporté. Consulter les Français sur leur identité, vous n'y pensez pas ?! Et ce jour, le quotidien Libération publie ainsi un appel pour que le débat cesse co-signé par Daniel Cohn-Bendit, Martine Aubry, Isabelle Adjani, Josyane Balasko, Marek Halter, Cécile Duflot, Benoit Thieulin... La marmite bout, vite, remettons le couvercle.

Mais alors comment ferons-nous avancer les choses puisque 30 ans d'absence de débat n'ont que très faiblement fait évoluer les choses ? Pour des raisons qui lui appartiennent, ce débat a été ouvert par le Président de la République. Maladroitement. Ou adroitement. A contre-temps. Toujours est-il que je regrette qu'il ait été confié à Monsieur Besson et à son ministère de l'Immigration. D'entrée de jeu, on ne peut pas dire que ce choix ait été particulièrement heureux pour une question qui relevait évidemment du Ministère de la Culture... Un parti pris qui en dit long sur les intentions initiales du gouvernement. Mais voilà donc enfin ce débat.

Il donne lieu à un examen de conscience collectif comme individuel. Car derrière la question "qu'est-ce qu'être Français ?", il y a naturellement celle de l'identité collective de la Nation, une projection de ce que nous sommes plus qu'une réalité... Un examen de conscience qui ne va sans heurts, les procès d'intention étant légion au moindre écart de langage. Il en va ainsi des déclarations de Nadine Morano exigeant des jeunes musulmans qu'ils cessent de de porter leur casquette à l'envers et de parler verlan.

Plutôt que de la citer, écoutons-la.

Je suis assez frappé par le décalage entre ce que j'entends dire de ces propos, la vivacité des commentaires que je peux lire ici ou là, et cette voix. Pas de rires dans la salle. Pas de ton grossier. Pas de sentiment de haine. Et puis Madame Morano qui s'exprime dans les médias et clame sa bonne foi, dénonçant une forme de malhonnêteté intellectuelle, des propos sortis de leur contexte...

Admettons. Il n'en reste pas moins un raccourci, un gros cliché, celui du "jeune musulman = verlan + casquette à l'envers" - qui peut correspondre à une réalité mais n'est pas LA réalité - dont je vous laisse estimer l'à-propos et qui révèle à nouveau le décalage entre ce que nous sommes et la projection de ce que nous sommes. A minima pour Madame Morano. A minima pour cette salle devant laquelle elle s'exprimait. Une salle représentative d'un fragment significatif de la population française ?

D'où la nécessité du débat. Parce que pour la 1ère fois, on va pouvoir prendre en compte ce décalage, le mettre en évidence, le détecter, essayer de le corriger collectivement dans un travail de pédagogie. Et ce n'est pas en poussant des cris d'orfraies que nous y arriverons. Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis *... Encore faut-il pouvoir prendre la mesure de cette différence de façon positive, dans le dialogue, et pas simplement dans l'acceptation silencieuse - ou la dénonciation.

Accueillons donc bien volontiers ce débat. Eric Besson nous dit qu'il se poursuivra jusqu'à la fin 2010... Nous pourrons en tirer les leçons bien avant : les 16 et 21 mars prochains, lors des élections régionales... Oui, après le dialogue, le bulletin de vote. Encore faut-il être inscrit sur les listes électorales. Vous avez jusqu'au 31 décembre de cette année et, les choses sont bien faîtes, le formulaire d'inscription est disponible en ligne... Et s'il est un appel à lancer, comme à l'automne 2005 avec le collectif Devoir de Mémoire, c'est bien celui-ci : en France, la seule réalité qui compte est celle des urnes, alors inscrivez-vous vite et exprimez-vous...

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* Antoine de Saint-Exupery, Vol de nuit.

09.12.2009

Quand Miss France se fait un prénom (identité nationale, suite)

En écho à ma note du 23 novembre 2009 dernier, cette très belle vidéo qui s'inscrit dans ma vision du débat sur l'identité nationale...

Alors oui, faisons avancer les mentalités, poursuivons le débat ! A malin, malin et demi...

23.11.2009

Identité nationale : débattre, un devoir pour chaque Français

L'annonce de l'ouverture d'un débat sur l'identité nationale par Eric Besson a pour le moins ...fait débat. En quelques jours, elle a réussi à reléguer à des années lumières tous les embrasements médiatiques des semaines passées. Ainsi, il n'est pas un leader politique qui n'ait été interpellé sur le sujet ou sur la nécessité de l’aborder... Des politiques, sur un sujet politique, pour une question "100% politicienne" ?

A la veille des élections régionales, certaines voix se sont élevées pour dénoncer un débat destiné à occulter les "vraies problèmes des Français" (la crise, le chômage, la baisse du pouvoir d'achat...). Elles appellent les Français à ne pas tomber dans "le piège de Besson" selon l’expression de M. Moscovici.

D'autres, comme celle de Bernard Kouchner ou Martin Hirsh, ont estimé qu'ils voyaient là un débat « théorique », intellectuel, qui ne concernerait pas vraiment les Français. Et M. Hirsch d'ajouter que "la France n'a pas de problème d'identité" et qu'il ne se sent "pas directement concerné par ce débat parce que les gens avec lesquels (il) travaille n'ont pas véritablement de problème d'identité nationale".

Peut-on être plus loin de la vérité.

Oui, l'identité française pose des questions. Et sur les forums, blogs et lieux de libre expression, les Français ont commencé à débattre. Car cette question est centrale. Elle est au cœur du débat politique depuis une trentaine d'année. Elle a pour partie amené Jean-Marie Le Pen au 2e tour de l'élection présidentielle un 21 avril 2002. Et les questions posées alors n'appartiennent pas au passé, de même qu'elles pèsent toujours sur notre avenir.

Cette question de l’identité française, les Français y sont confrontés tous les jours, dans la "vraie vie", loin des ministères et des ors de la République. Discrimination positive dans les grandes écoles, port du voile et Islam de France, CV anonyme, diversité de la représentation politique nationale, Marseillaise sifflée sur les stades, inégalités pour les jeunes issus des minorités visibles ou des seniors face à l'emploi, immigration choisie ou subie, mal-être et émeutes dans les banlieues, égalitarisme, place du travail, de la terre, de la patrie, modèles de réussite (Kamel ou Mohamed peuvent-ils l’incarner ?)... La liste est longue de ces questions qui très régulièrement font la Une des médias quand elles ne fabriquent pas des majorités électorales factices en surfant sur les remugles d'un passé mal digéré.

Et jusqu'à ce jour, personne n'avait osé crever l'abcès. Attention, débat pollué, nauséabond, manipulé. Devrons-nous donc attendre un nouveau 21 avril pour que cette question de l'identité nationale - déterminante pour le quotidien de toute une génération de Français notamment pour le bon fonctionnement de l'ascenseur social, le moteur même de l'intégration - bénéficie enfin d'une réflexion décomplexée, sérieuse, susceptible de se diffuser à toutes les couches de la population française, à même de faire avancer les mentalités, de permettre une prise de conscience partagée de cette belle "diversidentité" nationale qui est la nôtre, son formidable potentiel face aux défis de la mondialisation ? Quand saisirons-nous cette chance d'une communauté assumée de destins ?

Car la France a changé mais l'image que les Français ont de la France a-t-elle suivi ? Pas étonnant de voir des politiques réagir à cette question : il suffit de regarder la belle photographie de notre représentation nationale pour comprendre que les formations politiques françaises partagent toutes une vision conservatrices de notre identité.

Alors non, ce débat n'est pas théorique et certainement pas un débat politicien. Nous devons du reste tout mettre en œuvre pour que ce débat échappe au Ministère de l'immigration, de l'intégration - un choix malheureux, le Ministère de la Culture eût été plus approprié car il est crucial que ce débat ne soit pas abordé sous le seul angle de l’immigration - car nous touchons au cœur du politique et de la citoyenneté. Il faut donc que la société française, toutes la société française s'en empare.

C'est pourquoi je vous invite, et tout particulièrement "nous" entrepreneurs issus des quartiers, à assumer pleinement nos responsabilités civiques et citoyennes. Je vous lance un appel, à toutes et tous : saisissez-vous de ce débat ! Faîtes-le vivre au cours de cette centaine de réunions programmées en préfectures et sous-préfectures. Il y a là une opportunité unique de faire bouger les lignes et consciences…

Ce débat est urgent. Qu’il s’agisse d’emploi des séniors comme de l’esprit d’entreprendre, nos blocages sont aussi identitaires qu’économiques et dans une certaine mesure, répondre à la question de l’identité nationale pourrait sans doute faire autant pour la croissance qu’un plan de relance.

Et si demain la France se réconciliait avec elle-même, formulait un contrat social renouvelé autour des valeurs républicaines et de la laïcité, de notre héritage chrétien, de ce modèle d'intégration français unique et universel qui nous fait vivre ensemble plutôt que côte à côte, alors nos compatriotes pourraient regarder l’avenir de façon plus sereine…

Valéry Giscard d'Estaing aurait perdu les élections de mai 81 en donnant aux jeunes de 18 ans la possibilité de voter. Et si ce débat sur l'identité nationale amenait des centaines de milliers de nos compatriotes à s'approprier la chose publique, leur destin, à se construire une identité forte... Oui, nous pourrions remercier Monsieur Besson d'avoir franchi le Rubicon. Sincère, calculateur ou schizophrène, il nous donne une formidable opportunité de briser de nombreux tabous et de construire un nouveau mythe français, une identité nationale féconde et riche de promesses. Dès lors, à malin, malin et demi, il est du devoir de chacun de nos concitoyens de s'interroger : qu'est-ce qu'être Français ?

15.10.2009

Blog Action Day 2009

Une journée par an la blogosphère mondiale est invitée à publier un article sur un thème commun. 7,809 Blogs, 140 pays, 11,704,961 lecteurs ont répondu à l’appel BlogActionDay.

La journée 2009 est consacrée au changement climatique avec l’intention de porter un message fort pour signer l'appel Copenhague 2009 : l'ultimatum climatique. Une opportunité pour moi de partager avec vous cette vidéo très bien réalisée...

 

14.10.2009

Buzz, élites et citoyen-média

Jean Sarkozy, Frédéric Mitterrand, Roman Polanski, Brice Hortefeux... En quelques semaines, 4 affaires ont explosé sur le net avant de faire la Une des médias.

Sans se prononcer sur le fond de toutes ces affaires, on peut y voir plusieurs traits commun :

- d'abord, des élites politiques ou intellectuelles qui ont du mal à comprendre ce qui leur arrive et expriment leur "sentiment d'injustice" ou leur "incompréhension".

- un divorce clair entre les positions défendues par ces mêmes "élites" et "l'homme de la rue", ce dernier assumant ce divorce au grand jour (ce qui est nouveau) sur les réseaux sociaux.

- des "élites" qui se serrent les coudes sans comprendre que leur posture n'est pas tenable.

- un buzz en ligne prolongé, qui refuse de respecter les "cessez-le-feu" décrétés par les élites ou médias traditionnels...

- in fine, aucune sortie par le haut. Le buzz est balayé par un autre buzz ou s'éteint progressivement. Il n'en reste plus rien si ce n'est le souvenir d'une "forte mobilisation en ligne"...

Qu'il me soit permis dès lors d'exprimer une inquiétude.

Oui, le temps du 20h est fini. Aujourd'hui, notre "temps de cerveau disponible" n'est plus aux (mots d')ordres de tel ou tel média, d'une grande figure de la presse s'exprimant dans une petit lucarne au sein de chaque foyer. Je ne sais pas pour vous, mais je ne regarde plus aussi souvent le 20h. Et quand je le regarde, je ne le regarde plus avec la même foi. Ma consommation média, ma façon de m'informer a changé. Aujourd'hui, dans la plupart des cas, ce sont des amis, des relations, des contacts via Facebook ou Twitter qui me signalent une info. Toutes les affaires ou faits divers mentionnés, je les ai suivi sur le net où l'actualité est omni-présente, un flux qui n'est plus maîtrisable, tout juste canalisable, et encore... Songez que nous sommes déjà 18% à utiliser les réseaux sociaux comme source d'information.

Donc, avant, il était possible de maquiller l'opinion publique, de maintenir le couvercle fermé... Pendant des années, je me suis dit cela par exemple à chaque fois que je voyais, les jours de grève RATP ou SNCF, des micro-trottoirs présentant dans des gares bondées des usagers patients, compréhensifs, heureux de voir un "mouvement sauvage de protestation des personnels déclenché sans préavis suite à une agression dans un train". Caricatural, certes, mais aujourd'hui de plus en plus difficile à reproduire.

Dernière affaire en date, la possible nomination à la tête de l'EPAD de Jean Sarkozy. Un emballement incroyable. En quelques heures, le buzz est lancé : pétitions, blagues, hashtags dédiés (#jeansarkozypartout)... Regardez les flux d'actualité de vos amis sur Facebook. Ils présentent tous un lien qui parle de cette affaire ! Et les médias, toujours à cavaler derrière l'info qui fait le buzz, d'entonner à leur tour la chanson, sûrs d'être sur le bon créneau avec un fort tirage à la clé (voir les chiffres de Libération aujourd'hui).

C'est donc une évolution. On ne peut plus maquiller l'opinion. Nos flux ne sont plus dissimulés, nos vies sont publiques et nos centre d'intérêts aussi. Ils sont partagés. Le citoyen-média que je suis devenu est la source d'information n°1 de ses amis et contacts puisque, dans un temps par nature limité d'information, ils consomment avant toute autre l'information que je leur recommande via ma page Facebook, mon Twitter, etc.

...Cependant, on peut passer outre. Comme je le remarquais en introduction de cette note, dans toutes les affaires citées précédemment, les mobilisations ou débats en ligne n'ont jamais abouti à quoi que ce soit. Un vieux réflexe des politiques qui savent que le temps leur appartient et qu'une actualité chassera l'autre. Qui sait user du storytelling ne craint pas ces mobilisations d'un jour, souvent virtuelles de surcroît, quand les politiques ne craignent que les déplacements physiques, notamment les jours de scrutin...

Alors, oui, on passe outre ou en force. Mais à terme, qui payera la facture de ce divorce consommé ? La France d'en-haut - de gauche comme de droite - aux prochaines élections ? Pas si sûr...

Cette réaction d'auto-défense des élites politiques ou intellectuelles risque bien de se retourner contre les citoyens eux-même. La famille Le Pen a rarement suscité un buzz positif ou à bon escient... Et voilà qu'elle l'initie, en prend le contrôle et probable bénéfice. Pardonnez-moi, mais quand Marine Le Pen montre le chemin (comme dans le cas Frédéric Mitterrand), je n'ai pas envie de le suivre bien longtemps.

Il n'est donc plus possible d'agir en douce, sous les lambris, de lâcher des petites blagues minables entre gens du même cercle, de défendre l'indéfendable pour sauver tel ou tel soldat de 1ère classe. Tout est public. Les mauvaises décisions comme les bonnes, les courageuses comme les lâches. Et les extrêmes ne boudent pas leur plaisir. Ils guettent... Devrons-nous attendre qu'ils récoltent leur moisson populiste pour réagir ?

Internet donne de nouveaux pouvoirs aux citoyens. Charge à eux de savoir faire la part entre l'info et le fait divers. Entre nous, la baisse du dollar, le gouffre de nos déficits ou le plan banlieue me paraissent revêtir beaucoup, beaucoup plus d'importance que toutes ces simagrées. Mais nous ne les partageons que rarement sur Dailymotion ou Youtube...

Alors il va nous falloir grandir collectivement, admettre que chacun d'entre nous a sa part d'ombre, apprendre qu'une société se construit aussi sur le droit à l'oubli, la rémission, la rédemption, le dépassement, le pardon (je ne parle pas de toutes les affaires précédentes, certaines mobilisations m'apparaissent fondées) - sauf à souhaiter vivre dans une société à l'anglo-saxonne où la moindre affaire de tromperie conjugale vaut démission et où le web a valeur de casier judiciaire numérique public ad vitam... N'en prenons-nous pas le chemin ?

Quant à nos élites politiques et intellectuelles, ces évolutions leur donnent aussi de nouvelles responsabilités. Il est temps qu'elles comprennent que lorsque passe-droits et privilèges sont exhibés en place publique, l'esprit de corps n'a plus de raison d'être car seule la norme est applicable. Qu'elles en tirent les leçons, s'approprient les codes et les respectent. Sinon, Marine Le Pen risque bien de devenir rédactrice en chef invitée permanente de nos chaînes individuelles et collectives d'information.

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