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01.08.2010

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14.06.2010

DSK, la crise et moi

Le buzz autour de mon soutien à DSK est une conclusion inattendue de mon séjour à Cannes. Interviewé par Thomas Clément pour l'un de ses Tomcasts - interviews décontractées à la notoriété désormais bien établie - j'ai pu revenir sur mon parcours, mes jeunes années à Sarcelles. L'occasion pour moi d'évoquer cette époque pas si lointaine où Dominique Strauss-Kahn était maire de ma commune, de 95 à 97.

C'était il y a 13 ans, mais je conserve le souvenir du modeste soutien que je lui avais apporté pendant sa campagne - pas en tant que militant (je n'ai jamais été "encarté"), en tant que simple citoyen, habitant de Sarcelles, séduit par l'homme, son discours, son implication dans cette campagne. Alors j'ai distribué quelques tracts, arpenté la ville avec ses équipes...

Certains se souviendront que l'homme risquait gros alors et qu'il s'était jeté à corps perdu dans la bataille, multipliant les déplacements sur le terrain et dans les cages d'escalier.

Dans les années qui ont suivi, je lui dois mon 1er emploi, un emploi jeune. Ce n'était pas glorieux, mais pour le p'tit délinquant de la cité que j'étais alors, c'était un 1er pas dans le bon sens, une 1ère occasion d'aider ma famille et de cesser les (petites) bêtises. C'était le début d'un processus qui - en ce qui me concerne mais je ne suis pas le seul dans ce cas - a permis d'enclencher un cercle vertueux. Je sais d'où je viens, je sais donc ce que je dois à la chance, au travail, à l'un ou l'autre comme au fait d'avoir eu DSK comme Maire à Sarcelles.

C'est à ce titre, par attachement à l'homme, que je me suis exprimé. Alors oui, si Monsieur Dominique Strauss-Kahn est candidat aux primaires comme aux Présidentielles, je le soutiendrai.

Quant à devenir son Ministre de l'économie, je sais que l'expression en aura fait rire plus d'un. Elle m'a fait rire moi-même puisqu'il s'agit d'une boutade. Je n'ai probablement pas les qualités qui me permettraient de prétendre à de si hautes fonctions. Néanmoins, passé le 1er instant de rigolade, j'inviterai les uns et les autres à réfléchir quelques minutes pour aller au-delà.

La crise que nous traversons est terrible. Dans les quartiers, elle frappe durement. Mes amis, des proches ne sont pas épargnés. Je ne suis pas un exemple, mais j'ai réussi en mon temps à trouver ma voie. Des fidèles sont depuis cette heure toujours à mes côtés. Je peux vous affirmer une chose : les solutions de sortie de crise, nous les trouverons dans les banlieues et ce sont ces citoyens là - qui ont la niaque, l'envie de s'en sortir, d'améliorer leur quotidien - qui trouveront le ressort nécessaire pour doper notre croissance, créer de l'emploi.

Je suis malheureux quand je vois ce que ce gouvernement a fait du plan banlieue de Fadela Amara. Elle fait certes de son mieux, avec sincérité, je crois, mais je ne la sens pas respectée car elle ne pèse pas dans l'appareil politique et ce gouvernement ne prend pas au sérieux le vote des banlieues - qui sera pourtant déterminant en 2012.

Je suis malheureux de voir que la banlieue reste le seul terrain d'exercice d'un regard sécuritaire. J'ai le sentiment que tous les aménagements urbains réalisés depuis ces 15 dernières années dans nos villes l'ont été dans le seul objectif d'améliorer les conditions de travail de la police plutôt que le sort économique ou social des citoyens qui s'y battent pour un avenir meilleur.

Nous avons aujourd'hui besoin de prendre ces quartiers, nos quartiers, ma ville, au sérieux. La sortie de crise est là. Il est urgent de s'en rendre compte. Comment tolérer cet appel, ce cri de désespoir, resté sans réponse des Maires de banlieue rassemblés autour de Claude Dilain (maire de Clichy-sous-Bois) et François Pupponi (député maire de Sarcelles).

De mon côté, je fais ce que je peux. Je crois que l'esprit d'entreprendre participe d'une option crédible pour la sortie de crise. Nous ne pouvons pas tout attendre de l'Etat. Raison pour laquelle je suis intervenu dans mon ancien collège et interviendrai à nouveau avec l'association 100 000 Entrepreneurs aux côtés de son Président Philippe Hayat pour "transmettre aux jeunes la culture d'entreprendre". Oui, la solution est dans les banlieues, mais elle est aussi en chacun de nous, dans notre capacité à entreprendre, saisir des opportunités, retourner des éléments contraires pour s'en servir.

On me dit souvent : "Mais vous êtes noir, né en banlieue, n'avez pas fait d'études... Ca n'a pas du être facile, c'est un handicap terrible..." Et pourtant, la vérité, c'est que ça m'a servi. Jamais Capital ne m'aurai suivi si je n'avais pas incarné cette petite frange de population des "p'tits mecs de banlieue qui se démènent pour s'en sortir". Si j'avais été un gosse de riche né avec une cuillère en argent dans la bouche, je n'aurais pas réussi à monter M. DIA. Personne n'aurait pu. Il y des solidarités, des amitiés qui ne s'achètent pas. La banlieue m'a donné ça. C'est mon Amérique à moi. C'est là que je me suis réalisé et c'est là que d'autres se réaliseront.

Alors, oui, la banlieue a besoin de modèles, de gens qui la comprennent et sauront se servir de ses faiblesses pour les transformer en forces économique et citoyenne. Cet avenir est pour demain. J'y participerai - sans doute pas en tant que Ministre, mais on peut toujours éclairer la route, donner un coup de main, apporter son expérience - et vous y participerez. Comme dit Grand Corps Malade : ça va chémar...

25.03.2010

A propos de Dominique de Villepin

Je viens de regarder la conférence de presse donnée par Dominique de Villepin à l'occasion de l'annonce officielle du lancement prochain de son mouvement politique... Une belle prestation, le ton juste, le propos précis, à la mesure de l'homme...


Discours de Dominique de Villepin au Press Club
envoyé par clubvillepin. - L'actualité du moment en vidéo.

Je vous livre mes 1ères impressions.

Force est de constater que l'espace politique est là.

Oui, Dominique de Villepin peut exister. Il a en tout cas un boulevard devant lui - notamment grâce aux Centristes rassemblés autour d'Hervé Morin qui n'ont pas su oser se présenter sous leurs propres couleurs pour offrir une alternative à l'UMP. Ils n'ont de plus pas pu incarner une voie politique différente, tant leur soutien indéfectible à Nicolas Sarkozy laisse aujourd'hui peu de crédibilité à l'affirmation d'une différence...

La politique ayant horreur du vide, Dominique de Villepin aura donc beau jeu d'offrir cette alternative avec sans doute plus de charisme que le leader centriste. En outre, l'UMP ayant décidé "de faire vivre le débat en son sein" et connaissant l'esprit de caporalisation qui anime cette formation politique, on imagine bien que ce débat satisfera difficilement ses participants. Entre des Centristes peu crédibles et une UMP rétrécie sur ses idées, l'espace est là.

Alors Dominique de Villepin réussira-t-il son pari ?

Il devra éviter 3 écueils :

  • l'anti-sarkozysme. François Bayrou l'a appris à ses dépends : l'anti-sarkozysme - pas plus que la haine - ne tiennent lieu d'offre politique. Si le 1er discours de Dominique de Villepin semble se dégager de cette vision, on peut néanmoins craindre que le naturel ne revienne au galop et l'emporte dans le feu de la bataille électorale...  Si la candidature de Dominique de Villepin se résume in fine à un appel à battre Nicolas Sarkozy, nous ne pourrons que regretter sa démarche. Néron (*) parviendra-t-il a échapper à sa nature sombre ? Rien n'est moins sûr...
  • la langue de bois. Dominique de Villepin est un peu le champion du genre. Il faut dire qu'aux côtés de Jacques Chirac, il est allé à bonne école. Le verbe est haut, le verbe est fort, ça a de la gueule, mais quand on va au-delà du verbe, il ne reste pas grand chose... Ses quelques proches devront également s'entraîner pour offrir une nouvelle vision de la politique. Comment ne pas relever, par exemple, cette intervention de François Goulard, député membre de sa garde rapprochée... "D'un autre côté, dans la crise que traverse notre pays, le projet socialiste n'est pas en phase (...), donc nous avons besoin d'un autre projet". "Il faut à tout prix une nouvelle proposition, un nouveau projet. C'est notre travail. Nous sommes peu nombreux mais nous allons nous attacher à cela". Cela tombe bien, cela fait juste 3 ans que François Goulard et les Villepinistes tiennent ce discours et si Dominique de Villepin est "mal à l'aise avec la politique menée", nous serons heureux de connaître le détail de cet "autre projet".
  • le revival Gaulliste. On a déjà vu Michèle Alliot-Marie, gardienne des restes officiels du Gaullisme, lui contester toute tentative d'appropriation. Bon, vous me direz, si Michèle Alliot-Marie incarne aujourd'hui le Gaullisme, c'est surtout en adoptant un air martial... Pour le reste, on ne voit pas trop en quoi elle a pu défendre une quelconque idée gaulliste et marquer sa différence depuis qu'elle a rejoint les gouvernements successifs de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Finalement, une telle longévité témoigne d'une certaine plasticité qui relève plus du positionnement marketing et de la 3e ou 4e République que de la 5e.

Dominique de Villepin lance donc son mouvement le 19 juin prochain. Je regarde cette aventure avec grand intérêt. Souhaitons qu'elle permette à notre démocratie d'en sortir plus vivace - et avec une abstention en recul. A suivre...

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(*) Le surnom que lui avait donné Bernadette Chirac.

22.03.2010

Retour sur l'événement politique du week-end...

...Non je ne vous parlerai ni des régionales ni de ce mini-remaniement gouvernemental mais de l'événement de ce dimanche : la victoire à l'arraché obtenue par Barack Obama hier soir vers 23 avec l'adoption par la Chambre des représentants d'une réforme historique de l'assurance maladie, qui va garantir une couverture santé à 32 millions d'Américains - qui jusqu'alors n'en avaient pas. Après des mois où conflits, contestations et protestations régissaient la vie politique américaine, M. Obama a enfin réussi ce qu'aucun démocrate avant lui n'avait réussi.

Certains pourront dire que ce n'est qu'une courte victoire - 219 voix contre 212 - mais le résultat est là. Plusieurs dizaines de millions d'américains bénéficient enfin de cette réforme qui devrait rapidement être promulguée (peut-être dès demain ?)... C'est une double victoire pour le président des États Unis car en plus de la victoire politique s'ajoute une victoire en terme de crédibilité. Après un début de mandat difficile où l'hôte de la maison blanche n'avait pas réussi à tenir grand nombre de ses promesses électorales, cette réforme est aujourd'hui le symbole de sa crédibilité.

Personnellement je suis ravi de cette avancée sociale pour tout le peuple américain. Je pense que la politique ne devrait jamais sortir de son rôle premier qui est d'être élu par le peuple et pour le peuple. Au lendemain d'élections régionales marquées par un fort taux d'abstention, certains devraient méditer cette leçon... Côté politique comme côté électeurs puisque ne l'oublions jamais : en démocratie, on a les élus qu'on mérite...

02.03.2010

Ce Javert qui sommeille en nous...

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Je connais M. Ali Soumaré. Tous deux habitants du Val d'Oise, nous nous sommes rencontrés il y a quelques années. Le feu médiatique s'éteint peu à peu, pourtant, je souhaite revenir sur cette tourmente au coeur de laquelle il s'est retrouvé.

Il ne s'agit pas de prendre partie mais force est de constater que si l'abstention sort grand vainqueur le 21 mars prochain, ceux qui ont cru bon de fouiller dans les poubelles pour décrédibiliser un adversaire politique, y auront à nouveau contribué. Cette aventure misérable, digne des Pieds Nickelés, et qui inspire au fond une certaine commisération pour leurs auteurs, en dit par ailleurs long sur le crédit qu'on peut leur apporter.

Je suis somme toute par ailleurs très déçu que Mme Pécresse ait pu tolérer si ce n'est autoriser ses colistiers à colporter de telles accusations. Conduire une liste, en principe, responsabilise. Certes la candidate de la Majorité Présidentielle a "condamné" l'initiative de M. Delattre (Maire UMP de Franconville auquel nous devions déjà la fameuse sortie sur Ali Soumaré et son "air de joueur de réserve du PSG") et regretté "cette démarche qui ne correspond ni à sa conception de la politique ni à ses valeurs"... Mais sans être à l’origine de ces dénonciations, Mme Pécresse avait été informée par Axel Poniatowski, tête de liste (UMP) dans le Val-d’Oise de son intention de publier un communiqué de presse après les "révélations édifiantes", selon lui, de M. Delattre. "Elle m’a donné son accord" confiait M. Poniatowski.

Nous avions donc dépassé le stade du "Qui ne dit mot consent" pour prendre le chemin du téléguidage voire du pilotage... La diffamation ou la rumeur étant des armes politiques indignes et inadmissibles, il eût donc été responsable que Mme Valérie Pécresse présente a minima des excuses publiques.

Là, rien de tout cela. Nous avons même eu droit à cette formule de M. Poniatowski (recueillie par un journaliste quotidien Le Monde - édition du 24 février 2010) : "Il est certain que son passé judiciaire n'est pas aussi lourd que ce que l'on pouvait penser. Il n'en reste pas moins que M. Soumaré est un personnage obscur". Une formulation pour le moins maladroite et le coup de pied de l'âne s'il en est ! J'invite du reste M. Poniatovski a jeter un oeil à ce merveilleux site qui devrait l'éclairer sur le côté obscur de la force...

Mais prenons un peu de hauteur...

Je ne reviendrai pas sur la nécessité d'un combat politique fondé sur les propositions plus que sur les profils ou pedigrees. Beaucoup de choses ont été dîtes sur le sujet et je regrette que cette campagne ne laisse pas plus la place au débat d'idées. Les enjeux sont pourtant là ! Patron d'une PME qui cherche à creuser son sillon dans l'univers des géants du sport, je sais que la région a un rôle important à jouer en matière de développement économique. Il est donc très dommageable qu'aucun débat n'ait pu mettre en évidence le bilan de l'un en la matière, les propositions de l'autre, et que cet ensemble n'ait pu être passé plus efficacement au crible de l'analyse citoyenne.

Il est vrai que les débats sont rares, font l'objet d'âpres négociations et se résument souvent à des échanges creux avec un public échantillon représentatif de la population française. Des confrontations indirectes dont il ne sort que peu de choses face à des journalistes réduits au rôle d'animateur tandis que les (web/télé-)spectateurs, soumis au buzz du jour, sont livrés à eux-même pour savoir qui dit vrai...

Je ne reviendrai pas non plus sur le "cas" Soumaré. A ma connaissance, ce jeune homme a payé sa dette à la société ou doit bénéficier comme n'importe qui de la présomption d'innocence. Et quand bien même aurait-il commis quelques erreurs de jeunesse - je suis peut-être bien placé pour le savoir - nous avons tous droit à une seconde chance ...Et il semble que cette attaque dont il a fait l'objet en a été une puisque M. Soumaré a fait un bon de 69 places au TOP 100 des politiques sur Facebook ! Une progression record qui pourrait laisser croire que nos concitoyens souhaitent avant tout des élus qui leur ressemblent ?! A bon entendeur...

Je reviendrai en revanche sur ce travers Français, maintes fois dénoncé, qui veut que dans notre beau pays de Cocagne et de cocardes, on enferme les gens dans des cases. Ainsi, réussir un diplôme de grande école reste dans notre pays la meilleure assurance d'un parcours sans faille, quel que soit son bilan ou ses erreurs... L'esprit de corps et ses anti-corps sont là pour vous protéger. Ad vitam. A contrario, un faux-pas, une (ne serait-ce qu'une) erreur de jeunesse, un échec dans ses études et c'est la fin du parcours... Alors nous cherchons comment relancer l'ascenseur social ? Et si l'on commençait par cesser d'avoir cette vision déterministe et fataliste du parcours de chacun ?

Aux USA, un pays où l'ascenseur social fonctionne à plein régime, j'ai toujours été frappé par le grand respect de toutes et tous pour les plus humbles... Et pour cause : tout le monde sait que dans 3 ans cette jeune caissière peut devenir directrice du magasin, 3 ans plus tard superviseur de plusieurs grandes surfaces et 10 ans plus tard directrice du marketing opérationnel... Caricature ? Je ne crois pas. Ces parcours ne sont pas rares. Et l'échec aussi est valorisé - si l'on sait en tirer les leçons. Ainsi, les parcours rectilignes peuvent être perçues comme "imparfaits" dans la mesure où ils vous préparent moins aux aléas de la vie en général. De ce fait, on respecte les gens qui travaillent, qui sont "durs à la peine" et leurs enfants peuvent être fiers de ce que leurs parents accomplissent... Ils vont avancer, progresser, s'en sortir.

En France, les incantations sur l'égalité des chances semblent hélas un horizon indépassable et finissent par desservir celles et ceux qu'elles devraient protéger. Nous en restons là, dans une société dramatiquement figée, ascenseur social en panne faute d'ouverture d'esprit et de méritocratie assumée. Le résultat : M. Soumaré, un "personnage obscur". Délinquant un jour, délinquant toujours ? Non.

Vous me direz ce n'est pas nouveau. Victor Hugo nous enseignait déjà dans Les Misérables qu'un ancien forçat avait beau changer et démontrer qu'il pouvait oeuvrer pour le bien de tous (...et même devenir Maire de Montreuil-sur-Mer !), il y aurait toujours un Javert de service pour le poursuivre et lui rappeler sa faute, sa dette, son passé. Ce Javert qui sommeille en nombre d'entre nous est toujours là, vil, tenace, petit, étroit, actif, pour nous mettre la tête sous l'eau sans raison, juste parce que lui n'a jamais fauté. Pour faire avancer notre pays, nous devrons libérer nos conscience de ce joug. Gageons que Messieurs Delattre ou Poniatowski y parviendront eux aussi.

15.02.2010

L'affaire Dumas !

1304030454.jpgPeu de nos compatriotes savent qu’Alexandre Dumas, l’un des plus grands auteurs français, était métis et considéré comme Noir à son époque. Petit-fils d'une esclave noire de Saint-Domingue, fils d'un général métis, le grand romancier populaire Alexandre Dumas se fit traiter de nègre par des journalistes qui ne partageaient pas ses idéaux républicains et fustigèrent son visage "bronzé" et sa tignasse crépue.

Lui même se décrivait lui-même comme, "nègre" mais tout cela n’apparaît pas dans le film "l’Autre Dumas" de Safy Nebbou. Dumas est interprété, dans ce film, par Gérard Depardieu dont le moins que l’on puisse dire, est que malgré sa perruque et son bronzage il ne laisse que deviner la vraie couleur de peau d’Alexandre Dumas.

Il fût un temps où les peaux-rouges des westerns hollywoodiens étaient incarnés par des acteurs blancs maquillés. C'était dans les années 40 ou 50... Et puis, le mouvement des civil rights, Martin Luther King ...ou dans un registre artistique Sidney Poitier et plus récemment encore Spike Lee sont passés par là. Plus personne n'imaginerait un "Danse avec les loups" où les indiens seraient incarnés aux côtés de Kevin Costner par des acteurs blancs grimés. Nous sommes en 2010 et il semble pourtant qu'en France, on n'en soit encore là, qu'un réalisateur puisse imaginer un grand acteur blanc incarner un personnage historique métis.

arton13017.jpgNous pouvons nous interroger sur la réaction qui serait la nôtre si nous découvrions Napoléon joué par Pascal Légitimus ou Jeanne d'arc interprétée par Sonia Rolland ! Que dirait-on si je décidais de poser pour incarner Vercingétorix ou l'un de nos glorieux ancêtres Gaulois ? Dans une époque où l'on nous parle d'identité nationale, ne pourrions nous pas profiter des quelques exemples de métissage plutôt que les atténuer. Il serait bon que la jeunesse de notre pays ait accès à une image de l'histoire ou de la culture française conforme à la réalité - c'est-à-dire où la France de la diversité puisse prétendre à autre chose qu'à des rôles de footballeur ou rappeur...

Franck Le Wita, producteur du film, défend son casting. "C'est une représentation, pas un documentaire. On est dans l'imaginaire, explique-t-il. La truculence de Depardieu incarne parfaitement Dumas. Il y avait une filiation entre l'acteur et l'écrivain : Gérard a joué les grands rôles des oeuvres de Dumas." Franck Le Wita saisit difficilement le sens des agitations autour  de son film. "Le sujet, ce n'est pas le nègre, mais la négritude en littérature", explique-t-il. Et si le sujet, c'était aussi cet "autre Dumas" - que ce titre est bien choisi en vérité - dont le métissage est exemplaire de cette identité nationale qu'il est temps d'accepter, promouvoir et afficher.

 

12.02.2010

Franck Leboeuf, un intrus ?

Après le sacre durant la coupe du monde de football de 1998, Franck Leboeuf relève un nouveau défi. Le théâtre. Après avoir suivi des cours de comédie au Lee Strasberg Theatre & Film Institute de Los Angeles, il partage aujourd'hui l'affiche avec Jean-François Garreaud dans la pièce l'Intrus.

 

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Dans cette pièce de théâtre, Franck leboeuf incarne Luc Gerbier, un voyou qui décide de s'attaquer à une banque. Mais l'opération tourne mal. Et ce qui devait être son dernier coup devient un drame lorsqu'il tire sur un officier de police. Luc échappe à la police et trouve refuge dans une maison isolée où s'est installé le romancier à succès Henri de Fressac, auteur déprimé depuis le départ de sa femme de 20 ans sa cadette pour un autre. Henri de Fressac, incarné par Jean-François Garreaud, devient alors l'otage de Luc...

A 42 ans, l'ex star du football a troqué son maillot pour un costume de scène qu'il endosse parfaitement. Cette pièce est un véritable moment de détente où les acteurs nous offrent un peu de chaleur en ces temps d'ère glacière.

La France n'est pas des plus ouvertes en terme de changement de voie professionnelle contrairement à nos amis d'outre-atlantique. Là-bas, un acteur de série B devient Président des Etats-Unis (Ronald Reagan), Sonny Bono - le compagnon de Cher - devient Sénateur, et bien sûr, plus récemment Arnold Schwarzeneger, gouverneur de Californie... Sans doute ce respect du travail qui permet tous les succès, toutes les réussites. Franck Leboeuf nous montre la voie. Un intrus dans le monde du spectacle ? Pas un seul instant ! Bravo Franck!

19.01.2010

Aider Haïti

7 jours ont passé depuis le tremblement de terre à Haïti. Les secours s'organisent mais l'immensité de la catastrophe (on parle toujours de 75000 morts et 250000 blessés) nécessite toujours, peut-être plus que jamais, notre aide. Je vous propose un lien vers la Fondation de Wyclef Jean *, avec lequel j'ai lancé Refugees by Dia. Il suffit de cliquer...

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Et pour celles et ceux qui souhaitent passer par une aide internationale française, je vous recommande également la Fondation de France qui a monté une opération dédiée.

* Je vous proposerai pendant quelques semaines un lien permanent ci-contre en colonne de droite vers cette fondation.

 

24.12.2009

Mon événement de l'année 2009...

En cette fin d'année, journalistes et chroniqueurs reviennent sur les faits marquants du cru 2009... Que pourrions-nous en retenir ? La crise bien sûr, avec son lot de difficultés, chômage, faillites... Mais en tant qu'entrepreneur, je la percevrais également comme une source d'opportunités et d'ouverture à l'innovation.

Nous aurions également le récent échec de Copenhague. Quelle cruelle déception ! Pas d'engagement chiffré des Etats du monde entier sur une baisse de leurs émissions de CO2... Mais à nouveau, considérons que les rendez-vous de Bonn en juin 2010 et Mexico en décembre 2010 seront une nouvelle chance offerte à l'humanité de se sauver en faisant preuve d'altruisme (on parle souvent de sauver la planète, mais la planète, elle s'en sortira très bien - c'est d'avenir de l'humanité dont nous parlons).

Dans ce TOP des événements que je retiendrai pour 2009, il y a aussi mon nouveau projet, DIA-7... Mais il est encore trop tôt et très certainement, en 2010, ce sera l'événement de l'année :-)

Allez, trêve de plaisanterie, non, si je devais retenir un événement en 2009, je conserverai l'accession au pouvoir de Barack Obama le 20 janvier 2009. Peut-être plus pour le discours de Philadelphie ("A more perfect Union"), pour le symbole d'entrée des USA dans une nouvelle ère - c'est ce que je leur souhaite, c'est ce que je nous souhaite à l'heure où nous parlons d'identité nationale... Mais également pour le caractère complexe de la politique. Car bien sûr, les Etats-Unis restent les Etats-Unis et, non, Barack Obama ne va pas sauver le monde... Deux extraits qui me marquent et vous propose de (re-)découvrir.

21.12.2009

Identité nationale : poursuivons le débat (dans les urnes)

Je l'ai déjà exprimé : à malin, malin et demi, le débat sur l'identité nationale est une opportunité unique de faire bouger les lignes et faire évoluer les mentalités sur un sujet important. En cela, je rejoins le Président de la République (cf. sa tribune publiée dans Le Monde - 08/12/2009) : "Rien ne serait pire que le déni. Rien ne serait pire que de ne pas regarder en face la réalité des sentiments, des préoccupations, des aspirations de tant d'Européens.Au fond de moi, Français de toujours, j'ai la conviction que de cet exercice, abcès crevé en place publique, ne peut ressortir que du bien.

Certes, en France, on a peur d'aborder publiquement les questions qui fâchent ou plus précisément dont le microcosme pense qu'elles ne doivent pas faire débat "parce que cela peut déborder", que "le peuple n'est pas mûr" ou que "c'est une question indigne". Ce qui est typiquement le cas avec cette question de l'identité nationale. Trop longtemps pollué (racisme, xenophobie, populisme mais également anti-racisme, bonne conscience d'aujourd'hui ou mauvaise conscience d'un passé qu'on ne doit pas oublier...), ce débat a été souvent reporté. Consulter les Français sur leur identité, vous n'y pensez pas ?! Et ce jour, le quotidien Libération publie ainsi un appel pour que le débat cesse co-signé par Daniel Cohn-Bendit, Martine Aubry, Isabelle Adjani, Josyane Balasko, Marek Halter, Cécile Duflot, Benoit Thieulin... La marmite bout, vite, remettons le couvercle.

Mais alors comment ferons-nous avancer les choses puisque 30 ans d'absence de débat n'ont que très faiblement fait évoluer les choses ? Pour des raisons qui lui appartiennent, ce débat a été ouvert par le Président de la République. Maladroitement. Ou adroitement. A contre-temps. Toujours est-il que je regrette qu'il ait été confié à Monsieur Besson et à son ministère de l'Immigration. D'entrée de jeu, on ne peut pas dire que ce choix ait été particulièrement heureux pour une question qui relevait évidemment du Ministère de la Culture... Un parti pris qui en dit long sur les intentions initiales du gouvernement. Mais voilà donc enfin ce débat.

Il donne lieu à un examen de conscience collectif comme individuel. Car derrière la question "qu'est-ce qu'être Français ?", il y a naturellement celle de l'identité collective de la Nation, une projection de ce que nous sommes plus qu'une réalité... Un examen de conscience qui ne va sans heurts, les procès d'intention étant légion au moindre écart de langage. Il en va ainsi des déclarations de Nadine Morano exigeant des jeunes musulmans qu'ils cessent de de porter leur casquette à l'envers et de parler verlan.

Plutôt que de la citer, écoutons-la.

Je suis assez frappé par le décalage entre ce que j'entends dire de ces propos, la vivacité des commentaires que je peux lire ici ou là, et cette voix. Pas de rires dans la salle. Pas de ton grossier. Pas de sentiment de haine. Et puis Madame Morano qui s'exprime dans les médias et clame sa bonne foi, dénonçant une forme de malhonnêteté intellectuelle, des propos sortis de leur contexte...

Admettons. Il n'en reste pas moins un raccourci, un gros cliché, celui du "jeune musulman = verlan + casquette à l'envers" - qui peut correspondre à une réalité mais n'est pas LA réalité - dont je vous laisse estimer l'à-propos et qui révèle à nouveau le décalage entre ce que nous sommes et la projection de ce que nous sommes. A minima pour Madame Morano. A minima pour cette salle devant laquelle elle s'exprimait. Une salle représentative d'un fragment significatif de la population française ?

D'où la nécessité du débat. Parce que pour la 1ère fois, on va pouvoir prendre en compte ce décalage, le mettre en évidence, le détecter, essayer de le corriger collectivement dans un travail de pédagogie. Et ce n'est pas en poussant des cris d'orfraies que nous y arriverons. Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis *... Encore faut-il pouvoir prendre la mesure de cette différence de façon positive, dans le dialogue, et pas simplement dans l'acceptation silencieuse - ou la dénonciation.

Accueillons donc bien volontiers ce débat. Eric Besson nous dit qu'il se poursuivra jusqu'à la fin 2010... Nous pourrons en tirer les leçons bien avant : les 16 et 21 mars prochains, lors des élections régionales... Oui, après le dialogue, le bulletin de vote. Encore faut-il être inscrit sur les listes électorales. Vous avez jusqu'au 31 décembre de cette année et, les choses sont bien faîtes, le formulaire d'inscription est disponible en ligne... Et s'il est un appel à lancer, comme à l'automne 2005 avec le collectif Devoir de Mémoire, c'est bien celui-ci : en France, la seule réalité qui compte est celle des urnes, alors inscrivez-vous vite et exprimez-vous...

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* Antoine de Saint-Exupery, Vol de nuit.

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